Né à Bogota en Colombie. Vit et travaille à Rennes. A la fin de sa licence d'Arts Plastiques, Camilo Brugnaux s'aventure dans le médium de la peinture. Il délaisse alors ses anciens travaux s'articulant à cette période autour de sujets de société tels que les conflits géopolitiques ou encore la surconsommation et ses effets dévastateurs sur l'environnement. Ces sujets reflètent implicitement une quête à s'imprégner dans un temps donné de l'Histoire, dans le temps donné de sa vie. Or, cette temporalité, floue et lourde à sonder, n'a pu être ressentie et explorée qu'au travers de la peinture et l'exploitation du sujet des souvenirs. C'est par une immersion dans le passé et dans les mouvements instables de la mémoire qu'il parvient à raviver cette sensation fugitive du présent.
Le recours à la photographie comme point de départ du processus pictural lui permet d'articuler l'ambiguïté inhérente à la transparence du temps avec la recherche formelle menée sur la toile. L'acte de peindre, en tant que processus de matérialisation, devient alors le moyen par lequel cet état sensible peut être transposée et rendu perceptible. Ainsi, avec L'esprit jaune, il est question d'une double disparition, celle de l'être humain et celle du temps. D'un côté, le corps physique s'évapore, avec lui la singularité de ce souvenir, laissant entrevoir un monde où toute existence est vouée à se ressembler. Puis cette deuxième disparition, celle du temps présent, marquée par un entre-deux qui permet à cette possible disparition de résister...
"Mon travail est une réflexion sur la notion de territoire et de récit. Je m’interroge sur la façon dont évolue le territoire (fixe), marqué par une histoire. Mes projets s’articulent autour d’une volonté de représenter une distance avec le sujet, de chercher une matière dans les photographies qui représente, selon moi, mieux le paysage ou le sujet." Camilo Brugnaux
